De la fumée américaine en Belgique

Dans la matinée de ce mercredi 26 juin, entre 08h00 et 11h00, un nuage composé de particules de fumée a été détecté par l'instrument LIDAR d’Uccle. Ce nuage avait une épaisseur de 500m et se situait à une altitude de 3,5 km comme illustré dans la figure 1. A cette altitude, celui-ci n’a eu aucune conséquence sur notre santé.

 

L’origine de ce nuage de fumée se situe de l’autre côté de l’Atlantique, en Amérique du Nord. Des feux de forêt parfois très intenses sévissent dans ces régions depuis plusieurs semaines déjà. Aux environs du 20 juin, des incendies particulièrement intenses ont provoqué la formation de pyrocumulus qui ont atteint parfois une hauteur de 13,5 km. Un pyrocumulus est un nuage de la famille des cumulus qui se forme au-dessus d’une source de chaleur intense. Dans certains cas comme celui-ci, le pyrocumulus peut présenter les mêmes caractéristiques qu’un cumulonimbus (nuage orageux). Lorsque que le pyrocumulus atteint des hauteurs comparables à celles observées en Amérique du Nord, celui-ci peut injecter de grandes quantités de particules de fumée dans le haut de la troposphère. Ces particules peuvent ensuite être transportées sur de longues distances par la présence éventuelle de vents forts à cette altitude.
Le passage d’un nuage de particules au-dessus de la Belgique n’est pas si rare que cela. Il y a 3 ans, un autre type de nuage composé de particules d’origine volcanique était passé au-dessus de la Belgique et avait paralysé une grande partie du trafic aérien européen pendant plusieurs jours. Il n’en est rien cette fois-ci. En effet, les particules constituant le nuage observé, dont l’origine est des feux de forêt, sont sans danger pour la navigation aérienne.

 

Les satellites ont aussi détecté les bancs de fumée en provenance d'Amérique. Ces images proviennent du satellite Meteosat et ont été prises le 26/06/2013 à 5h et 6h, temps universel (+ 2h en été).

L’événement sans conséquence qui a été observé ce mercredi matin a de nouveau confirmé la capacité de notre matériel à pouvoir détecter très rapidement la présence d’un nuage de particules au-dessus de la Belgique. Afin d’obtenir une couverture d’observation encore plus dense et encore plus complète de la Belgique, l’IRM a acheté dernièrement trois nouveaux LIDARs. De plus, l’IRM participe activement à plusieurs projets européens de coordination de l’échange des observations LIDAR entre les différents instituts nationaux de météo. L’ensemble de ces observations (localisation du nuage, hauteur du nuage, épaisseur du nuage, type de particules constituant le nuage…) permettra à nos prévisionnistes de pouvoir (si cela s’avère nécessaire) prendre encore plus rapidement des dispositions pour avertir la population.