Les intempéries de ce mercredi 16 mai 2018

Ce mercredi 16 mai, durant l'après-midi et en soirée, de fortes averses orageuses, accompagnées de précipitations abondantes et/ou parfois de grêle ont affecté l'est de notre pays. Certaines régions des provinces de Liège, de Namur et du Luxembourg ont été particulièrement touchées.

Les images RADAR, permettant de suivre l'évolution des précipitations, montre le développement d'averses orageuses actives, d'abord sur l'ouest de l'Allemagne puis sur l'est de la Belgique. Ces averses se sont progressivement alignées parallèlement au flux de nord à nord-est; certaines zones, situées dans l'axe de ces averses ont alors été touchées par plusieurs cellules successives, contribuant à augmenter considérablement les cumuls de précipitations. L'image reprenant les cumuls sur 24h présente une bande de précipitations abondantes de la région de Couvin à la région de Liège avec des valeurs estimées à plus de 50 litres/m². Une autre bande marquée (plus de 20 litres/m²) se situe à proximité de la frontière avec l'Allemagne et le Luxembourg.

 

Cumul des précipitations à partir des images radar de Wideumont sur 24h, en l/m², du 16 au 17 mai 2018.

 

 

Cet épisode d'averses orageuses intenses s'explique par la présence des facteurs suivants:

  • un contraste important de masse d'air: de l'air maritime frais sur l'ouest du pays (températures maximales autour de 13 degrés à la côte), était en conflit avec de l'air plus chaud dans l'intérieur des terres (maxima de 20 à 24 degrés dans le centre de la Belgique, aux Pays-Bas, et dans l'ouest de l'Allemagne). La zone de conflit entre ces deux masses d'air crée une zone d'ascendance (l'air froid plus dense pénètre dans l'intérieur des terres et rejette l'air chaud, moins dense, en altitude); ce mouvement vertical constitue une amorce pour les averses ou les orages.
 

Températures maximales dans le pays, le 16 mai 2018. On remarque une nette différence entre l'ouest et les autres régions du pays.

  • une atmosphère suffisamment humide et instable au sein de la masse d'air chaud: suite à l'échauffement diurne, l'air chaud et humide (moins dense) près de la surface du sol a tendance à s'élever au sein de l'atmosphère plus fraîche qui le surplombe (on parle alors de convection), et à donner lieu à la formation de nuages cumuliformes (suite à la condensation de la vapeur d'eau).

L'estimation de probabilité de grêle par le radar de Wideumont est à voir dans l'animation ci-dessous.

   
  • la présence d'un cisaillement important du vent: il s'agit de la variation du vent (en direction et/ou en force) en fonction de l'altitude. Ce cisaillement conduit à des averses dont la circulation interne permet à celles-ci une plus longue durée de vie et donne aussi lieu à des précipitations sous forme de grêle ainsi que des phénomènes dynamiques violents tels que la tornade qui a été observée en Allemagne. (Voir les vidéos ci-après)