Résumé climatologique de l'année 2010

Avertissement : à partir du bilan annuel 2010, les valeurs normales des paramètres reprises dans le tableau, dans les figures et dans le texte sont les moyennes de ces paramètres calculées sur la période 1981–2010. Cette période de 30 ans est choisie comme nouvelle période de référence pour déterminer les normales à la station d’Uccle. Dans le texte, les valeurs record mentionnées concernent également la période 1981-2010. Cependant, si un paramètre atteint une valeur particulièrement remarquable, on examinera celle-ci dans un contexte plus large en considérant l’ensemble des valeurs du paramètre depuis le début des observations à Bruxelles-Uccle.

Contrairement à ces dernières années, 2010 fut caractérisé à Uccle[1] par une température moyenne annuelle relativement faible, « anormalement » basse (cf. tableau 1 pour la définition des degrés d’anormalité). Il faut remonter à 1996 pour retrouver une valeur plus faible (9,1°C). Alors qu’en moyenne au cours des 10 années précédentes, la température annuelle se situait à 11,1°C, elle n’a atteint cette année que 9,7°C, c’est-à-dire une valeur très proche de sa valeur moyenne sur le 20e siècle avant le réchauffement des années 1980 (cf. figure 1).

 

[1]Dans le texte, sauf mention contraire, les valeurs indiquées et les valeurs normales correspondantes s’appliquent à la station principale d’Uccle.

 

Figure 1. Température moyenne annuelle (en °C) à Bruxelles-Uccle, de 1833 à 2010.

Parmi les autres paramètres (cf. tableau 2), remarquons surtout que la valeur annuelle du nombre de jours de précipitations neigeuses à Uccle fut « très exceptionnellement » élevée et que celles de la pression atmosphérique moyenne et du nombre de jours d’orages (dans le pays) furent « très exceptionnellement » basses. Le nombre de jours d’hiver (température maximale journalière < 0°C) et celui de jours de gel (température minimale journalière < 0°C) furent « très anormalement » élevés et la valeur moyenne de la tension de vapeur fut « très anormalement » faible. Tous les autres paramètres présentent une valeur annuelle « normale », sauf les températures moyenne et minimale qui sont « anormalement » basses.

  Tableau 1. Définition du degré d'anormalité d’un paramètre climatologique, exprimé en périodes de retour moyennes, d’après les valeurs observées entre 1981 et 2010.
Code Degrés d'anormalité Phénomène égalé ou dépassé en moyenne une fois tous les
n normal -
a anormal 6 ans
ta très anormal 10 ans
e exceptionnel 30 ans
te très exceptionnel 100 ans
 

Tableau 2. Valeurs pour l’année 2010 et valeurs normales sur la période 1981-2010 pour différents paramètres météorologiques mesurés à Uccle (ou dans le pays, pour les jours d’orages). La colonne « Car » (= Caractéristiques statistiques) donne le degré d’anormalité du paramètre en 2010, exprimé en périodes de retour moyennes (cf. définitions dans le tableau 1).

 

Paramètre 2010 Normales Caractéristiques statistiques
Pression moyenne de l’air (au niveau de la mer) (hPa) 1013,8 1016,0 te-
Vitesse moyenne du vent (m/s) 3,3 3,4 n
Durée d’ensoleillement (h) 1556 1545 n
Température moyenne (°C) 9,7 10,5 a-
Température maximale moyenne (°C) 13,4 14,2 n
Température minimale moyenne (°C) 5,9 6,9 a-
Température maximale absolue (°C) 33,9 32,4 n
Température minimale absolue (°C) -8,2 -8,4 n
Nombre de jours de gel (min < 0°C) 74 46 ta+
Nombre de jours d'hiver (max < 0°C) 27 7 ta+
Nombre de jours d'été (max >= 25°C) 31 28 a+
Nombre de jours de forte chaleur (max >= 30°C) 7 4 n
Humidité relative moyenne de l’air (%) 79 80 n
Tension de vapeur moyenne (hPa) 9,7 10,6 ta-
Total des précipitations (mm) 914,1 852,4 n
Nombre de jours de précipitations mesurables (<= 0,1 mm) 201 199 n
Nombre de jours avec des précipitations en tout ou en partie de neige 53 19 te+
Nombre de jours d’orages dans le pays 71 95 te-

 

L’hiver 2010 (décembre 2009 à février 2010, cf. figure 2) fut caractérisé à Uccle par une température moyenne de 1,8°C (pour une normale de 3,6°C). Cette valeur peut être qualifiée d’anormalement basse ; il faut remonter à l’hiver 1996 pour trouver un hiver plus froid que celui de cette année. L’hiver fut caractérisé par trois vagues de froids bien distinctes. La première se produisit en décembre, la deuxième, la plus longue, dans la première moitié de janvier et la dernière eut lieu vers la mi-février. Les précipitations furent neigeuses, en tout ou en partie, 31 jours, ce qui est une valeur très exceptionnelle. Depuis le début des observations en 1901, deux hivers seulement furent plus neigeux à Uccle : 1907 (avec 37 jours) et 1968 (avec 33 jours). On notera également un déficit très anormal de la durée d’insolation saisonnière, qui n’atteignit que 123 h 32 min (normale : 180 h 29 min). Cette valeur est la conséquence du mois de février qui a enregistré un total mensuel d’insolation de 28 h 53 min, le plus bas depuis le début des observations héliographiques en 1887. Le précédent déficit record pour février avait été relevé en 2006, avec 30 h 46 min.

 

Figure 2. Evolution des températures et des quantités de précipitations journalières à Uccle au cours de l’hiver 2010 (décembre 2009-février 2010).

Le printemps (mars à mai, cf. figure 3) ne présente rien de très particulier du point de vue climatologique, si ce n’est une faible fréquence de jours avec précipitations mesurables, puisque le total saisonnier ne fut que de 33 jours (normale : 49 jours). Sur les 30 dernières années (1981-2010), c’est la seconde valeur la plus basse (on observa seulement 32 jours en 1990). Ex aequo avec le printemps 1864, c’est la 5e valeur la plus basse depuis 1833 (début des observations des précipitations à Bruxelle-Uccle) ; le record date de 1880, avec 23 jours.

 

Figure 3. Evolution des températures et des quantités de précipitations journalières à Uccle au cours du printemps 2010 (mars à mai).

Durant l’été (juin à août, cf. figure 4), une vague de chaleur toucha nos régions entre le 7 et le 14 juillet. A cette date, un orage particulièrement violent traversa le pays selon un axe parallèle au sillon Sambre-et-Meuse. Des rafales de vent descendantes (downbursts) furent à l’origine d’importants dégâts dont le plus spectaculaire fut celui qui frappa la collégiale de Ciney. L’été connu encore un épisode pluvieux remarquable les 15 et 16 août ; un cumul de 103,6 mm de pluie fut enregistré à Uccle en 48 heures (avec respectivement 53,9 mm le 15 et 49,7 mm le 16). Ces précipitations abondantes ont concerné une grande partie du pays.

 

Figure 4. Evolution des températures et des quantités de précipitations journalières à Uccle au cours de l’été 2010 (juin à août).

L’automne (septembre à novembre, cf. figure 5) fut relativement sombre ; la durée d’insolation n’atteignit que 285 h 02 min de soleil pour une valeur normale de 321 h 59 min. En novembre, un épisode pluvieux assez intense a donné lieu à des cumuls de pluies sur 5 jours compris entre 40 et 150 mm. A Uccle, on a relevé 100,6 mm entre le 9 et le 13 novembre. Ces pluies cumulées ont donné lieu à des inondations importantes dans plusieurs régions et en particulier dans le centre du pays.

 

Figure 5. Evolution des températures et des quantités de précipitations journalières à Uccle au cours de l’automne 2010 (septembre à novembre).

Enfin, le dernier mois de l’année fut très froid et très neigeux. A Uccle, le nombre de jours avec des précipitations neigeuses, en tout ou en partie, s’est élevé à 21 jours en décembre. C’est la valeur la plus élevée depuis que l’on possède des mesures de ce paramètre (en 1901). Le précédent record datait de 1950 avec 15 jours de neige. La température moyenne n’atteignit que –0,7°C, ce qui est un record pour la période 1981-2010. Il faut remonter à 1950 pour avoir un mois de décembre plus froid (avec –1,2°C). Depuis le début des observations en 1833 à Bruxelles-Uccle, c’est la 11e valeur la plus basse, ex aequo avec l’année 1864 ; le record absolu date de 1879, avec –5,6°C.

Pour Uccle, les courbes en rose sur les figures 6 à 9 donnent respectivement les valeurs mensuelles observées en 2010 pour la température moyenne, la durée d’insolation, le total des précipitations et le nombre de jours de précipitations. Les figures reprennent également les valeurs mensuelles normales sur la période 1981-2010 (courbes en rouge), ainsi que les valeurs mensuelles extrêmes observées à Bruxelles-Uccle depuis le début des mesures de chaque paramètre (1833 pour la température et les précipitations et 1887 pour la durée d’insolation).

 

Figure 6 : Températures moyennes mensuelles à Uccle (en °C).

Figure 7. Durées mensuelles d'insolation à Uccle (en heures).

Figure 8 : Quantités mensuelles de précipitations à Uccle (en mm).

Figure 9. Nombres mensuels de jours de précipitations mesurables à Uccle (en jours).

En conclusion, on retiendra que 2010 marqua une interruption dans la série d’années qui, depuis 1999, se caractérisaient par des températures annuelles moyennes autour de 11°C. Cette année, la température moyenne n’atteignit que 9,7°C ; elle est qualifiée d’anormalement basse. Il faut cependant remonter à 1996, puis aux années 1985 à 1987, pour retrouver des années plus froides. Notons aussi que la température moyenne de cette année est proche de la valeur moyenne de ce paramètre sur le 20e siècle avant le réchauffement des années 1980.
L’année fut également très exceptionnelle par le nombre de jours de neige qui fut observé à Uccle. En 2010, on y totalisa 53 jours durant lesquels les précipitations tombèrent, en tout ou en partie, sous forme neigeuse. C’est la valeur la plus élevée depuis 1901 (début des observations) ; le précédent record datait de 1906, avec 49 jours de précipitations neigeuses.

Pour la durée d’insolation, un printemps et un été bien ensoleillés ont compensé les déficits observés durant l’hiver et l’automne. Les précipitations particulièrement abondantes du mois d’août (cf. figure 8) furent à l’origine du léger excès annuel des précipitations observé à Uccle cette année (914,1 mm pour une normale de 852,4 mm). Retenons encore deux épisodes pluvieux remarquables qui touchèrent cette année une grande partie du pays. Le premier se produisit les 15 et 16 août ; on releva à Uccle un cumul de 103,6 mm sur ces deux jours. Le second eut lieu en novembre ; on mesura à Uccle un cumul de 100,6 mm sur cinq jours, entre le 9 et le 13. En fin de période, ces pluies cumulées abondantes ont donné lieu à des inondations parfois importantes, notamment dans le centre du pays.

 
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