Une tornade sur Heers le 22/2/1999

Aux environs de 19h45, dans la commune de Heers, une tornade a causé des sérieux dégâts à plusieurs maisons. On déplore des toits arrachés et des témoins ont pu observer les mouvements tournants de l'air.

Les trombes ou les tornades sont matérialisées par des colonnes d'air tournoyantes s'accompagnant de vents très violents et produisant des dégâts au sol. Elles surviennent surtout en cas de temps très instable et s'accompagnent toujours d'orages violents.

L'instabilité convective se caractérise localement par un brassage intense de l'air. L'air chaud et humide au voisinage de la surface est violemment soulevé et ces ascendances provoquent lors de la détente de l'air une forte condensation. Lors de ce brassage convectif des fortes rafales sont générées. L'instabilité convective est d'autant plus prononcée que l'air est froid en altitude et favorise des précipitations et des risques d'orages plus élevés.

L'IRM tire habituellement parti des radiosondages atmosphériques pour prévoir les rafales maximales et les diffuser dans ses bulletins. Néanmoins dans le cas des tornades, où les mécanismes sont encore mal connus, la prévision des rafales maximales est pratiquement impossible.

Ce lundi 22/2/1999, la température observée à 5500 mètres d'altitude atteignait à Uccle -38 degrés Celsius et l'on notait des forts vents d'altitude. Dans cette situation l'IRM avait prévu un risque d'orages violents et des fortes rafales. Au-dessus de la mer du Nord l'écart important entre la température superficielle de la mer (6 degrés Celsius) et la température d'altitude (-38 degrés Celsius vers 5500 mètres) favorisait largement le développement d'un grand nombre d'averses. L'instabilité convective était suffisamment élevée pour générer des orages et des violentes bourrasques, et, même très localement, des tornades.

La prévision du lieu et de l'heure de la naissance d'une tornade ainsi que sa durée et sa trajectoire est actuellement impossible. Du fait de son caractère extrêmement local dans le temps (de quelques secondes à quelques minutes) et dans l'espace (de quelques centaines de mètres à quelques kilomètres) les phénomènes de cette échelle échappent à la simulation des modèles de prévisions météorologiques dits numériques.

Cependant dans certaines circonstances, et tout spécialement en été, le prévisionniste peut tenir compte de critères susceptibles de favoriser la formation des tornades.

Les tornades ne sont pas si rares dans notre pays mais vu leur échelle et en l'absence de dégâts majeurs elles échappent très souvent à nos observations. Dans nos régions, les tornades entraînant des dégâts sérieux sont heureusement inhabituelles.

Une observation objective des tornades exige l'installation de systèmes de télédétection particuliers (radars, ?). Vu le nombre élevé de tornades, notamment dans les régions centrales des Etats-Unis, certains systèmes de télédétection sont déjà utilisés. Par contre en Europe où les tornades sont nettement moins fréquentes les prévisionnistes doivent souvent se fier à des témoins occulaires et des constats de dommages.

A Heers on a observé des tuiles arrachées et trois maisons ont été privées de leurs toits. Une trentaine d' habitations ont subi des dégâts et le portique d'une ferme s'est effondré.

L'intensité d'une tornade est estimée sur une échelle dite "échelle de Fujita", allant de 0 à 6 en fonction de l'ampleur des dégâts. Sur base des images transmises par les télévisions une première estimation peut situer la tornade de Heers au niveau 2 de cette échelle. Ceci impliquerait des rafales maximales comprises entre 180 et 250 km/h.