Waterloo, la météo du mois de juin 1815

Le temps durant la campagne de Waterloo

Les jours précédant la bataille, le temps est en général décrit comme chaud, lourd et orageux.

  • Le 16 juin, date de la dernière victoire de Napoléon à Ligny, la journée commence par un temps beau et assez chaud qui devient orageux en début de soirée. Ces orages ne seront pas sans conséquence puisqu’ils vont rendre les routes et les chemins détrempés, difficilement praticables, compliquant ainsi la progression des troupes de Napoléon vers le nord.
  • Le 17 juin, la journée commence sur le même mode chaud et ensoleillé. Guillaume Schamp note d’ailleurs que ce 17 juin est la journée la plus chaude du mois avec une température de 18 degrés Réaumur, soit environ 23°C. Les orages font leur apparition en début d’après-midi au passage d’un front froid. Ces orages vont se poursuivre toute l’après-midi, en soirée et dans la nuit.
  • Ce n’est que vers 6 h, au matin du 18 juin, que la pluie cesse. Les soldats sont trempés, frigorifiés (la température a sensiblement chuté pendant la nuit) et sur le futur champ de bataille plane une sorte de brouillard provoqué par l’évaporation des pluies de la nuit. En cours de matinée, de timides éclaircies commencent à apparaître, et lorsque la bataille débute vers 11h30, le temps est généralement décrit comme partagé entre nuages et quelques éclaircies. Le temps restera ensuite sec durant tout le reste de la bataille.
 

« Andrieux - La bataille de Waterloo ». Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons

L’influence de la météo sur la bataille

Victor Hugo a ces mots dans Les Misérables : « Quelques gouttes d’eau de plus ou de moins ont fait pencher Napoléon. Pour que Waterloo fût la fin d’Austerlitz, la providence n’a eu besoin que d’un peu de pluie, et un nuage traversant le ciel à contresens de la saison a suffi pour l’écroulement d’un monde ». On voit donc, que très tôt, des auteurs, historiens ou écrivains ont considéré que la météo avait pu jouer un rôle dans le déroulement de la bataille. Il faut toutefois relativiser son importance.


La météo a certes d’avantage handicapé les troupes françaises du fait de la stratégie offensive déployée par Napoléon et son Etat-major. La cavalerie française s’est ainsi retrouvée, en partie embourbée, rendant plus difficile sa progression.

L’artillerie a également connu des difficultés liées aux manœuvres malaisées des pièces d’artilleries dans les bourbiers. Et lorsqu’elle est entrée en action, son efficacité a été réduite du fait que les boulets, au lieu de ricocher sur le sol, avec les dégâts meurtriers que l’on peut imaginer, se retrouvaient figés dans le sol boueux, rendant ainsi l’artillerie impériale beaucoup moins dévastatrice.


Cependant, les historiens s’accordent généralement pour reconnaître, qu’à côté de la météo, d’autres facteurs, principalement d’ordre militaire, ont joué un rôle dans la défaite de Napoléon à Waterloo.

 

Les observations météorologiques instrumentales en Belgique en 1815

Au début du 19e siècle, nous ne disposons, pour la Belgique, que de très peu d’observations instrumentales. Il faudra attendre 1833 pour voir débuter des mesures météorologiques régulières à l’Observatoire royal de Bruxelles. La plupart des récits qui évoquent le temps de ce mois de juin 1815 proviennent de carnets et journaux de militaires, témoins des événements, qui fournissent quelques descriptions générales du temps plus ou moins précises. Seules quelques rares données instrumentales nous sont parvenues, parmi lesquelles figurent une série d’observations particulièrement dignes d’intérêt effectuées par un certain Guillaume Schamp, érudit et météorologue amateur qui a réalisé des mesures instrumentales pendant plusieurs décennies à Gand. Il fournit ainsi, dans ses carnets, des informations très précieuses sur la situation météorologique en juin 1815.

 

Vers l'article complet du Dr. Gaston Demarée

A gauche, l'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail des Tuileries (Jacques-Louis David). Au centre, Sir Arthur Wellesley, 1er Duc de Wellington (Thomas Lauwrence). A droite, Gebhard Leberecht von Blücher, prince de Wahlstatt (auteur inconnu).