L’été 2026 en Belgique : Chaleur et sécheresse, signes d’un climat déréglé

L’été météorologique comprend les mois de juin, juillet et août. En 2026, il se distingue par plusieurs épisodes de chaleur et, pour juillet et août, des mois très secs. Cette situation illustre également une tendance plus générale : avec le changement climatique, les épisodes de chaleur et de sécheresse deviennent plus fréquents et plus intenses en Belgique.

Le contexte des derniers mois a été marqué par une récurrence de zones de haute pression qui nous ont concerné, avec parfois des situations de blocage anticycloniques durables favorisant ainsi l'installation d'un type de temps durablement stable, chaud, sec et ensoleillé sur notre pays. De plus, le flux souvent d'origine méridionale qui influençait la Belgique a contribué à provoquer une hausse des températures très marquée, provoquant ainsi trois vagues de chaleur officielles et générant une température moyenne pourcet été 2026 qui sera vraisemblablement la plus chaude jamais observée en Belgique depuis le début des relevés en 1833 avec une température moyenne de 20,3°C (observations jusqu’au 23/08/2026 et prévisions du 24/08 au 31/08). Ce nouveau record devance le dernier record de 2018, où la température moyenne de l'été météorologique avait atteint 19,9°C.

Toutes ces conditions ont favorisé une sécheresse assez remarquable, en particulier durant la période du 1er juillet au 15 août où, pour notre station de référence d'Uccle, il s'agit de la troisième période la plus sèche depuis le début des observations en 1892.

Le nombre de jours tropicaux, durant lesquels la température atteint au moins 30°C, s’élève déjà à 15 jours, soit 3 fois la normale qui est de 5 jours. 2026 se retrouve donc en deuxième position, derrière le record de 1976 qui compte 18 jours. Le nombre de jours où la température a atteint eu moins 25°C est quant à lui de 44, contre une normale de 24. 2026 se retrouve en troisième position, derrière 1947 (47 jours) et 1976 (45 jours).

Les chiffres de l'été 2026 sont provisoires et ont été calculés sur la période 01/06/2026 au 23/08/2026.

La singularité de la chaleur et la sécheresse qui a caractérisée l’été 2026 est bien illustrée dans l’image suivante.

Comparaison aux valeurs saisonnières depuis 1991. Les chiffres de 2026 sont provisoires et ont été calculés sur la période 01/06/2026 au 23/08/2026.

Role du changement climatique

Pour comprendre ce qu’il se passe, il faut distinguer deux phénomènes. D’un côté, l’évolution des normales climatiques, et de l’autre, les extrêmes climatiques. Ce sont surtout ces derniers qui rendent le changement climatique perceptible, notamment à travers les canicules et les nuits tropicales.

« Cet été marqué par des records n'est pas le fruit du hasard : notre climat continue de se réchauffer, et d'autres records seront donc battus dans les années à venir. Nous devons réduire nos émissions pour enrayer ce phénomène, tout en nous adaptant pour en limiter les conséquences.», indique Kobe Vandelanotte, climatologue au Centre Belge du Climat.

Afin d’aider à préparer la Belgique aux nouveaux extrêmes climatiques comme la sécheresse et la chaleur, l’IRM, le Centre Belge du Climat et le CERAC se sont associés autour du projet des «Chroniques de la météo future», qui laissent de côté l'approche purement statistique pour esquisser à la place une description cohérente d'un avenir climatique hypothétique mais physiquement plausible.

« Le défi posé par le changement climatique réside dans la difficulté à se préparer à des phénomènes météorologiques qui dépassent le cadre de l'expérience antérieure. Tant qu’un risque reste abstrait, il est souvent sous-estimé. Les Chroniques de la météo du futur cherchent à raconter les conséquences du changement climatique de façon concrètes et tangibles. En donnant un visage aux risques de demain, elles constituent un puissant levier d’action. Car si cet été nous a déjà semblé exceptionnel, il pourrait n’être qu’un avant-goût de ce qui nous attend dans les décennies à venir. » prévient Tristan Beyens, responsable politique au CERAC.

Sciensano a publié les chiffres de surmortalité sur la période du 18 juin au 03 juillet 2026. Sur cette période, il y a eu une surmortalité de 47,8 % en Belgique. La Wallonie est la région la plus durement touchée, avec une surmortalité de 76 % (contre 31,4 % en Flandre et 60,9 % à Bruxelles).

Selon Sciensano, le caractère exceptionnellement meurtrier de cette vague de chaleur s'explique principalement par la combinaison de trois facteurs : la durée de l'épisode, l'intensité des températures et les concentrations d'ozone.

Une mortalité plus élévée durant les pics de chaleur

Une évolution préoccupante

En conclusion, l’été 2026 apparaît jusqu’à présent comme un été chaud, marqué par des épisodes de forte chaleur et par une sécheresse importante en juillet et août. Il rappelle que le climat belge, traditionnellement tempéré et humide, connaît de plus en plus de périodes où la chaleur et le manque de précipitations peuvent devenir préoccupants.

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