Le secteur de l’aviation contribue au réchauffement climatique, notamment via ses émissions de dioxyde de carbone (CO₂), qui représentent environ 4 % des émissions totales dans la zone européenne. Mais l’impact climatique de l’aviation ne se limite pas à l’émission du CO₂. Les traînées de condensation, aussi appelées contrails, jouent également un rôle dans le réchauffement de l’atmosphère. L’Institut Royal Météorologique (IRM) participe au projet européen E-CONTRAIL qui vise à améliorer notre compréhension de l’impact global du transport aérien sur le climat grâce aux observations satellitaires.
Que sont les contrails ?
Les contrails se forment dans le sillage des avions à réaction. Ils apparaissent lorsque les gaz d’échappement (contenant notamment de la vapeur d’eau et des particules de suie) rencontrent une atmosphère froide et humide en altitude. Dans ces conditions, de minuscules cristaux de glace se forment et créent ces lignes blanches visibles derrière les avions.
Comme les autres types de nuages, les contrails influencent l’équilibre énergétique de la Terre de deux façons :
- Ils réfléchissent une partie de la lumière solaire vers l’espace, ce qui tend à refroidir l’atmosphère.
- Ils piègent une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, ce qui contribue au réchauffement.
La combinaison de ces deux effets détermine ce que l’on appelle le forçage radiatif, c’est-à-dire la modification de l’équilibre énergétique de l’atmosphère due à la présence de ces nuages artificiels.
Les satellites météorologiques permettent aujourd’hui de détecter et de suivre les contrails à grande échelle grâce à l’imagerie satellite. Ces observations sont essentielles pour mieux comprendre leur fréquence, leur évolution et leur impact sur le climat.
La contribution de l’IRM au projet européen E-CONTRAIL
L’équipe Remote Sensing from Space de l’IRM participe au projet européen E-CONTRAIL, coordonné par l’Université Carlos III de Madrid (UC3M). Ce projet vise à détecter automatiquement les contrails grâce à des outils d’intelligence artificielle et à estimer leur impact climatique.
Dans ce cadre, l’IRM :
- traite les données des satellites Meteosat, fournies par l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) ;
- met ces données à disposition des partenaires du projet ;
- a développé un modèle permettant de calculer le forçage radiatif des contrails détectés.
L’équipe a également contribué à la création d’un jeu de données couvrant une année complète sur l’Europe, afin d’analyser la présence des contrails et leur impact climatique.
Les autres partenaires du projet travaillent notamment sur :
- la détection automatique des contrails,
- l’analyse de leur lien avec le trafic aérien,
- et le développement d’une plateforme de visualisation des données.
Un enjeu clé pour les politiques climatiques
L’étude des contrails est particulièrement importante dans le contexte des politiques climatiques européennes. L’Union européenne s’est en effet fixé pour objectif de mieux mesurer l’ensemble des impacts “non-CO₂” du secteur de l’aviation.
Dans cette perspective, les observations satellitaires représentent un outil très prometteur pour renforcer la surveillance environnementale et améliorer notre compréhension de l’impact global du transport aérien sur le climat.